La rémunération de l’entrepreneur

Comment se rémunérer quand on est chef d’entreprise ? Et d’ailleurs, est-on obligé de se rémunérer ? Doit-on se verser une rétribution fixe et éditer une fiche de paie ? A-t-on le droit de se reverser tout ou partie des bénéfices de l’entreprise ? 

Salaires, primes, dividendes… Ici encore, ce sont la forme juridique et le régime d’imposition de votre entreprise qui déterminent ce que vous pouvez faire ou pas en termes de rémunération.

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Les enjeux de la rémunération pour un entrepreneur

La question de la rémunération est le point de départ de toutes les décisions de gestion que prendra l’entrepreneur au fil de l’eau. 

🤔 De combien ai-je besoin pour m’assurer un revenu suffisant pour vivre : 1 500€, 3 000€ par mois ?

🤔 Comment faire pour payer le moins d’impôts possible ?

🤔 J’ai besoin de présenter un « bon » dossier pour souscrire à un prêt professionnel, opérer une levée de fonds ou accéder à un crédit immobilier.

Entre embauches, projets personnels, besoin en fonds de roulement et autres investissements, il est parfois difficile de savoir de quelles façons se rétribuer pour subvenir à ses propres besoins, sans mettre en péril la santé financière de son entreprise.

Pour Marie Allimant-Cohen, fondatrice du cabinet d’expertise comptable Canopée Expertise, « une « bonne » rémunération représente ce que l’entrepreneur considère comme la juste rétribution de son travail, tout en prenant en considération les besoins de sa structure ». 

Se verser une rémunération

Les chefs d’entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés peuvent bénéficier d’une rémunération, soumise aux prélèvements sociaux, totalement décorrélée du bénéfice réalisé par la structure.

Se rémunérer sous forme de dividendes

Le versement de dividendes est ouvert aux associés d’une société, uniquement lorsque la société a réalisé des bénéfices. Dans ce cas, tout ou partie des bénéfices nets réalisés peut être partagé entre les associés.

Rémunération bonus : les avantages en nature

Prime, mutuelle, logement de fonction, voiture de société, prise en charge des formations, smartphone et forfait téléphonique, frais de déplacement… Lorsqu’ils résultent d’une utilité pour la réalisation du travail, les avantages en nature des dirigeants d’entreprises (hors Entrepreneurs Individuels) sont fiscalement exonérés. Une façon habile d’améliorer la rémunération du chef d’entreprise, sans alourdir son imposition.

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Et ne pas se rémunérer, c’est possible ?

Dans certains cas.

Pour un dirigeant d’entreprise soumise à l’IS, oui.  S’il a d’autres sources de revenus ou qu’il perçoit l’ARE, il peut choisir de ne pas se verser de rémunération pour alléger les charges de l’entreprise ou investir l’intégralité des bénéfices dans des outils, des machines, des logiciels ou embaucher dès le lancement de l’activité.

Pour un entrepreneur individuel, non. Car ses bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou ses bénéfices non commerciaux (BNC) sont considérés comme sa rémunération, et servent de base de calcul pour ses cotisations sociales et son imposition. S’il ne se verse pas de rémunération, il sera tout de même redevable de ces montants.

L’avis de l’expert-comptable

Impact sur l’imposition

En société soumise à l’IS, les rémunérations du dirigeant sont déductibles du résultat comptable de l’entreprise. Alors qu’en Entreprise Individuelle soumise à l’IR, la rémunération de l’entrepreneur n’est pas considérée comme une charge. C’est donc sur la base de son résultat fiscal (le chiffre d’affaires après abattement forfaitaire) que se calcule l’imposition. 

À chaque entrepreneur de juger s’il préfère optimiser l’imposition de son entreprise ou celle de ses revenus.

Impact sur la protection sociale

S’ils sont tous deux rattachés au régime général de la sécurité sociale (sécurité sociale des indépendants pour les Travailleurs Non-Salariés), dirigeants TNS et dirigeants assimilés-salariés ne cotisent toutefois pas dans les mêmes proportions. Leur couverture sociale est donc différente, à la défaveur des Travailleurs Non-Salariés.

N’hésitez pas à vous rapprocher de votre expert-comptable pour faire le point sur votre situation.